Il y a des jeux dont on attend énormément la sortie, des jeux que l’on suit pendant plusieurs années, dont on regarde chaque bande-annonce et chaque présentation avec une certaine impatience, et puis il y a les jeux comme Pragmata, ces projets qui finissent presque par devenir des fantômes à force de repousser leur sortie et de rester silencieux pendant de longues périodes. Pourtant, après avoir enfin pu mettre les mains dessus et surtout après avoir terminé l’aventure, je peux le dire sans détour : Pragmata est probablement mon plus gros coup de cœur de cette année.
Je ne m’attendais absolument pas à être autant marqué par cette nouvelle licence de Capcom, et c’est justement ce qui rend l’expérience aussi agréable. Le jeu ne cherche pas forcément à révolutionner tous les codes du jeu vidéo, mais il prend quelques idées très précises, les travaille énormément et les assemble dans une aventure qui, de mon point de vue, fonctionne particulièrement bien. J’ai terminé Pragmata avec cette sensation assez rare d’avoir vécu quelque chose de différent, une aventure qui m’a fait réfléchir, sourire, parfois stresser et surtout m’attacher à ses personnages.
Pragmata, une nouvelle licence qui avait tout à prouver
Avant de parler du jeu en lui-même, il faut forcément revenir sur son histoire particulière. Pragmata avait été annoncé en 2020 et, à l’époque, il avait immédiatement attiré mon attention avec son univers de science-fiction étrange, son esthétique très particulière et surtout cette impression de découvrir quelque chose que l’on n’avait encore jamais vraiment vu chez Capcom. Puis les années sont passées, les informations se sont faites rares et les reports successifs ont forcément commencé à faire naître quelques inquiétudes. Lorsqu’un jeu disparaît aussi longtemps des radars, il est difficile de ne pas se demander si son développement rencontre de gros problèmes.
Et pourtant, Capcom a réussi quelque chose que je trouve assez impressionnant : malgré ce développement compliqué, Pragmata donne finalement l’impression d’être une expérience pensée avec une vraie vision. On sent qu’il y a eu des changements, que certaines idées ont probablement été abandonnées ou retravaillées, mais je n’ai jamais eu l’impression de jouer à un jeu qui ne savait pas ce qu’il voulait être. Au contraire, plus j’avançais, plus je comprenais où Capcom voulait m’emmener.
Pragmata mélange plusieurs influences sans jamais avoir l’impression d’être une simple copie. Il y a évidemment quelque chose de Resident Evil dans sa manière de construire la tension, dans certains environnements et dans cette façon de faire apparaître progressivement des ennemis toujours plus dangereux. On peut également penser à Dead Space pour son ambiance de science-fiction anxiogène, mais Pragmata possède suffisamment de personnalité pour ne jamais être réduit à ces comparaisons. Et surtout, le jeu possède un duo central qui devient rapidement le véritable cœur de l’expérience.

Hugh et Diana : le véritable cœur de l’aventure
L’un des aspects qui m’a le plus surpris dans Pragmata, c’est finalement son histoire et surtout la relation entre Hugh et Diana. Au départ, je dois bien l’avouer, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Hugh est présenté comme un homme relativement froid, pragmatique et surtout très focalisé sur sa mission, tandis que Diana est une androïde qui possède pourtant énormément de comportements et de réactions proches de ceux d’une enfant. Leur rencontre pourrait facilement donner naissance à un duo caricatural, mais Capcom prend le temps de construire leur relation progressivement, et c’est précisément cette progression qui m’a beaucoup plu.
Hugh et Diana ne deviennent pas immédiatement inséparables. Au contraire, leur relation commence avec une certaine distance et une nécessité presque purement pratique. Hugh a besoin des capacités de Diana pour survivre et progresser, tandis que Diana dépend de Hugh pour se protéger et avancer dans cet environnement hostile. Mais plus on progresse, plus cette relation évolue naturellement, et j’ai vraiment apprécié le fait que le jeu ne cherche pas à forcer artificiellement leurs émotions.

Diana est d’ailleurs un personnage que j’ai rapidement trouvé attachant. Elle possède cette curiosité presque enfantine qui lui fait découvrir des choses que nous considérons comme parfaitement normales, et ses réactions donnent parfois une véritable respiration à l’aventure. Elle peut être drôle, touchante, curieuse, parfois même franchement agaçante, et c’est justement ce mélange qui la rend crédible. Elle n’est pas simplement là pour être « la petite fille mignonne » du scénario : elle possède une véritable personnalité et participe directement à l’évolution émotionnelle de Hugh.
Hugh, de son côté, est beaucoup plus intéressant que ce que son apparence de héros taciturne pourrait laisser penser. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que le jeu ne le transforme pas soudainement en héros parfait. Il reste un personnage marqué par ses choix, par sa mission et par son passé, et sa relation avec Diana va progressivement faire ressortir une humanité qu’il semblait avoir mise de côté.
C’est là que Pragmata m’a réellement surpris. Je pensais avant tout jouer à un jeu d’action avec une idée de gameplay originale, et finalement je me suis retrouvé à vouloir connaître la suite de l’histoire principalement parce que je voulais savoir ce qui allait arriver à Hugh et Diana. Pour moi, c’est une énorme réussite.
Un univers de science-fiction qui m’a vraiment accroché
L’univers de Pragmata est également une très bonne surprise. Je ne suis généralement pas le premier joueur à me jeter sur les jeux de science-fiction, mais ici, j’ai immédiatement accroché à cette ambiance lunaire, froide et mystérieuse. Le jeu nous plonge dans une base lunaire qui semble progressivement perdre toute logique, et plus on avance, plus on découvre des endroits qui donnent l’impression d’avoir été conçus pour raconter quelque chose.
J’ai particulièrement apprécié cette manière de mélanger le futur, la technologie et des éléments beaucoup plus humains. Le jeu parle énormément d’intelligence artificielle, de reproduction artificielle, de la frontière entre l’humain et la machine, mais il ne transforme jamais complètement ces sujets en gros discours philosophiques interminables. Il préfère souvent les évoquer à travers les environnements, les dialogues, les objets et surtout les interactions entre Hugh et Diana.
Certaines zones m’ont réellement marqué, notamment cette reproduction artificielle de New York qui donne l’impression d’être à la fois familière et complètement fausse. C’est un décor qui fonctionne justement parce qu’il semble presque normal au premier regard avant que l’on commence à remarquer toutes les incohérences. Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans cette représentation artificielle du monde, et cela colle parfaitement aux thématiques du jeu.
J’ai aussi beaucoup aimé les passages où l’on sort davantage du complexe, notamment lorsque la gravité et le sound design viennent modifier complètement nos sensations. Ce sont des moments durant lesquels Pragmata montre qu’il possède une véritable identité visuelle et sonore. J’aurais même aimé que le jeu ose davantage exploiter ce genre de séquences, car elles font partie des moments où je me suis senti le plus immergé.
Un gameplay qui est clairement la star du spectacle
Mais soyons honnêtes : si Pragmata fonctionne aussi bien, c’est avant tout parce que son gameplay est excellent. Et je pense sincèrement que le système de hacking imaginé par Capcom est l’une des meilleures idées que j’ai vues dans un jeu d’action récent.
Le principe est relativement simple : Hugh dispose de différentes armes permettant d’attaquer les ennemis, tandis que Diana peut les hacker afin de les rendre beaucoup plus vulnérables. Lorsqu’on lance un piratage, on doit résoudre un petit puzzle sous forme de damier afin de relier différents points et traverser certains nœuds. Dit comme ça, cela peut sembler être une mécanique secondaire ajoutée simplement pour donner une petite originalité au jeu, mais en réalité, elle devient progressivement le cœur du système de combat.
Au début, les puzzles sont simples et permettent surtout de comprendre le fonctionnement général. Puis, progressivement, les grilles deviennent plus grandes, les chemins plus complexes et les ennemis beaucoup plus agressifs. Le jeu me pousse donc constamment à réfléchir tout en continuant à tirer, esquiver et me déplacer. C’est cette combinaison que j’ai particulièrement appréciée, car je ne peux jamais simplement me contenter de tirer sur tout ce qui bouge.

Je dois réfléchir à la manière dont je vais hacker un ennemi, choisir les bons nœuds, exploiter ses faiblesses puis utiliser l’arme adaptée pour maximiser les dégâts. Et plus j’avance, plus les possibilités deviennent nombreuses.
Le système de personnalisation vient encore renforcer cette sensation de progression. On peut améliorer les armes, débloquer différentes capacités, utiliser des modules et modifier certains éléments du hacking. Certains nœuds peuvent provoquer une surchauffe, immobiliser un ennemi, augmenter les dégâts ou provoquer différents effets. On finit donc par créer une sorte de build correspondant à notre manière de jouer.

Et c’est quelque chose que j’ai beaucoup apprécié parce que le jeu ne me donne jamais l’impression de débloquer une amélioration uniquement pour afficher un chiffre plus élevé. Les améliorations changent réellement ma façon de jouer et m’obligent à réfléchir à la manière dont je vais aborder les combats.
Des combats qui deviennent de plus en plus nerveux
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont Capcom fait évoluer les ennemis. Au début, les affrontements restent relativement simples, avec des adversaires qui nous laissent suffisamment de temps pour comprendre les mécaniques. Mais progressivement, le jeu ajoute des ennemis plus rapides, plus résistants et surtout plus agressifs.
Cela oblige à utiliser toutes les mécaniques disponibles. Et quand Pragmata commence réellement à mélanger plusieurs types d’ennemis dans une même arène, je me suis retrouvé dans des situations où il fallait constamment changer de cible, gérer le hacking, surveiller mes munitions et anticiper les attaques.
Les boss représentent évidemment le point culminant de cette progression. Certains affrontements sont vraiment impressionnants et j’ai apprécié le fait qu’ils ne se résument pas simplement à vider une énorme barre de vie. Ils demandent généralement de comprendre une mécanique particulière et d’utiliser intelligemment les outils dont on dispose.
C’est précisément dans ces moments que je me suis rendu compte à quel point le système de combat avait été bien pensé. Je pouvais parfois avoir l’impression de maîtriser parfaitement le jeu, puis un nouvel ennemi ou un nouveau boss arrivait et m’obligeait à revoir complètement mes habitudes.

Une aventure linéaire, mais qui assume totalement son choix
Pragmata n’est pas un immense monde ouvert et je pense que c’est important de le préciser. Le jeu est relativement linéaire et fonctionne par secteurs et différents blocs, avec une progression qui consiste régulièrement à débloquer de nouvelles zones en piratant certains terminaux ou en obtenant de nouvelles capacités.
C’est probablement le principal défaut que je pourrais reprocher au jeu. À plusieurs reprises, j’ai eu la sensation de refaire une structure déjà rencontrée auparavant : exploration, combat, terminal à pirater, nouvelle zone, combat, amélioration, puis retour au Refuge.
Mais paradoxalement, je ne considère pas vraiment cette structure comme un gros problème parce que Pragmata a l’intelligence de ne pas s’étirer inutilement. Le jeu dure environ 12 à 15 heures selon votre façon de jouer, et pour moi c’est presque la durée parfaite.
Je préfère largement une aventure de 12 heures qui me propose constamment quelque chose de nouveau plutôt qu’un jeu de 40 heures rempli de contenu artificiel. Pragmata sait où il veut aller et ne perd presque jamais de temps en chemin.
L’exploration récompense vraiment la curiosité
Même si le jeu est linéaire, je ne me suis jamais senti complètement enfermé dans un couloir. Les environnements possèdent suffisamment de petites ramifications pour donner envie d’explorer, et certains passages optionnels permettent de récupérer des ressources, des améliorations ou des éléments de lore.

J’ai particulièrement aimé cette sensation de voir une porte inaccessible et de me demander ce qu’elle pouvait bien cacher, avant de revenir plus tard lorsque j’avais obtenu la capacité nécessaire pour l’ouvrir. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est suffisamment bien intégré au level design pour donner une vraie satisfaction.
Les cartes de bingo apportent également un petit côté collection et exploration supplémentaire, avec des récompenses qui permettent notamment d’améliorer les personnages. Les défis optionnels sont quant à eux beaucoup plus intéressants pour les joueurs qui veulent réellement maîtriser le système de combat.
Et une fois l’aventure terminée, Pragmata ne s’arrête pas complètement. La nouvelle partie +, la difficulté supplémentaire et les nouvelles épreuves permettent de prolonger l’expérience, notamment pour ceux qui auront réellement accroché au gameplay.
Une direction artistique qui possède une vraie personnalité
Visuellement, Pragmata est également une réussite. Ce n’est pas nécessairement le jeu qui cherche à impressionner avec des environnements gigantesques ou une débauche permanente d’effets graphiques, mais j’ai énormément apprécié sa direction artistique.
Le mélange entre science-fiction, technologie, architecture futuriste et éléments beaucoup plus familiers fonctionne particulièrement bien. Certaines zones ont une atmosphère presque oppressante tandis que d’autres donnent au contraire une impression de liberté et d’émerveillement.
Les personnages sont également très réussis, notamment Diana, dont les expressions et les animations participent énormément à son caractère. Je pense que sans ce travail sur les personnages, certaines scènes émotionnelles auraient beaucoup moins fonctionné.
Le sound design mérite également d’être souligné. Les passages en extérieur, les variations de gravité et certains affrontements utilisent vraiment le son pour renforcer l’immersion. C’est un détail auquel je suis particulièrement sensible et j’ai trouvé que Pragmata faisait régulièrement un excellent travail sur ce point.

Ce que j’aurais aimé voir davantage
Évidemment, malgré mon énorme coup de cœur, Pragmata n’est pas parfait. Son principal problème reste cette structure parfois trop répétitive et assez old-school. Il y a plusieurs moments où j’aurais aimé que le jeu sorte davantage de son schéma habituel et me surprenne encore plus.
J’aurais également aimé que l’univers soit encore davantage développé. Le potentiel est énorme et certaines idées auraient mérité beaucoup plus de temps à l’écran. On comprend beaucoup de choses, mais je suis ressorti de l’aventure avec l’envie d’en savoir encore plus sur certains personnages, certains événements et certains éléments de cet univers.
Mais finalement, même ces frustrations témoignent d’une chose : j’aurais simplement aimé que Pragmata dure plus longtemps parce que j’avais envie de rester avec Hugh et Diana.
Mon verdict : mon coup de cœur de 2026, je le repête et l’assume ! Achetez ce jeu !!!
Après avoir terminé Pragmata, je ressors avec une impression extrêmement positive. Je ne m’attendais vraiment pas à autant apprécier cette nouvelle licence de Capcom, et c’est justement ce genre de surprise qui me fait aimer les jeux vidéo.
Pragmata n’est pas un jeu parfait. Sa structure peut parfois sembler répétitive, son level design reste relativement linéaire et certains contenus secondaires sont assez classiques. Mais honnêtement, lorsque je regarde l’expérience dans son ensemble, ces défauts me paraissent presque secondaires face à la qualité du gameplay, à l’univers, à la direction artistique et surtout à la relation entre Hugh et Diana.
Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est cette sensation de jouer à un jeu qui sait exactement combien de temps il doit durer. Pragmata ne cherche pas à devenir un service, ne cherche pas à remplir une carte immense avec des centaines d’activités et ne cherche pas à me faire perdre mon temps. Il me propose une aventure concentrée, spectaculaire, émotionnelle et surtout extrêmement plaisante à jouer.
Et surtout, le système de hacking est une vraie réussite. C’est le genre de mécanique qui paraît étrange sur le papier mais qui devient complètement naturelle une fois manette en main. Plus je jouais, plus j’avais envie de perfectionner ma façon de gérer les ennemis et de tester différentes combinaisons d’améliorations.
Mais ce qui restera véritablement dans ma mémoire, ce sont Hugh et Diana. C’est grâce à eux que Pragmata dépasse le simple statut de « très bon jeu d’action » pour devenir une aventure qui m’a réellement touché.
Pour toutes ces raisons, je peux clairement le dire : Pragmata est mon coup de cœur de cette année. Capcom a pris un risque avec une nouvelle licence, l’a laissée mûrir pendant des années et, malgré les cicatrices visibles de son développement mouvementé, le résultat est une expérience étonnamment cohérente, maîtrisée et surtout profondément attachante.
Les points forts
- Une relation Hugh/Diana particulièrement réussie et touchante
- Un gameplay extrêmement original et addictif
- Le système de hacking qui apporte une vraie profondeur aux combats
- Des affrontements de plus en plus nerveux et variés
- Des boss spectaculaires et mémorables
- Un univers de science-fiction fascinant
- Une direction artistique avec une vraie identité
- Un excellent travail sonore
- Une durée de vie parfaitement maîtrisée
- Une aventure qui sait constamment renouveler son gameplay
- Un excellent contenu supplémentaire pour prolonger l’expérience
Les points faibles
- Une structure parfois trop répétitive
- Un level design volontairement linéaire
- Certains éléments de l’univers auraient mérité davantage de développement
- Quelques activités secondaires assez classiques
Note : 18/20
Pragmata est mon coup de cœur.
Je partais pourtant avec énormément de questions et une certaine méfiance après toutes ces années de développement, mais Capcom m’a complètement retourné. Je ne pensais pas m’attacher autant à Hugh et Diana, ni prendre autant de plaisir avec ce système de combat basé sur le hacking. Pragmata possède quelques défauts, mais il fait surtout partie de ces jeux qui me donnent envie de dire : « Voilà, c’est exactement pour ça que j’aime découvrir de nouvelles licences. »
Ce n’est peut-être pas le jeu le plus long, ni le plus ouvert, ni celui qui possède le plus de contenu, mais c’est justement ce qui fait sa force. Pragmata est dense, intelligent, spectaculaire et humain. Il me donne surtout cette impression de jeu qui aurait pu facilement être étiré artificiellement, mais que Capcom a préféré conserver compact et intense.
Et franchement, après avoir passé plusieurs heures aux côtés de Hugh et Diana, je n’avais pas envie que l’aventure se termine.
Mon coup de cœur de 2026, sans hésitation.