Difficile de ne pas penser immédiatement à Octopath Traveler lorsque l’on lance The Adventures of Elliot: The Millennium Tales. La patte HD-2D de Team Asano est immédiatement reconnaissable : des décors en pixel art sublimés par des effets de lumière modernes, une profondeur de champ soignée et des environnements qui ressemblent presque à des maquettes animées. Pourtant, après quelques heures, le jeu dévoile progressivement une personnalité plus affirmée.
Oui, ses inspirations sautent aux yeux. Les amateurs d’anciens The Legend of Zelda, de Secret of Mana ou même de Final Fantasy Adventure retrouveront de nombreux repères familiers. Mais plutôt que de chercher à copier ces références, Square Enix tente d’en reprendre l’esprit pour bâtir une nouvelle licence d’action-RPG centrée sur l’exploration, le voyage temporel et la personnalisation du gameplay.

Une aventure qui joue avec le temps
L’histoire nous entraîne dans le royaume d’Huther, dernier bastion de l’humanité protégé par une barrière magique face aux hommes-bêtes. Après la découverte de mystérieuses ruines, Elliot et sa compagne, la fée Faie, entreprennent un voyage qui les mènera à travers différentes époques afin de comprendre les origines du monde et de son conflit millénaire.
Le concept est particulièrement séduisant. Explorer les mêmes régions à plusieurs périodes de l’Histoire ouvre naturellement la porte à des environnements qui évoluent, à des passages auparavant inaccessibles et à une lecture différente des lieux selon l’époque visitée. Sans révolutionner le genre, cette idée donne envie de poursuivre l’aventure pour découvrir comment les événements s’entremêlent.
Un gameplay immédiatement accessible
Là où The Adventures of Elliot convainc rapidement, c’est dans sa prise en main.
Les combats se déroulent entièrement en temps réel et privilégient la mobilité. Elliot peut utiliser plusieurs catégories d’armes — épée, arc, chaîne, faucille ou encore marteau selon la progression — qu’il est possible d’adapter grâce aux magilithes, des pierres modifiant leurs propriétés et encourageant différents styles de jeu. Cette personnalisation apporte une vraie dimension RPG sans compliquer inutilement les mécaniques.
La présence de Faie ne se limite pas à un simple rôle narratif. Elle intervient aussi bien pendant les combats que lors de l’exploration ou de certaines énigmes grâce à ses capacités de soutien. Le jeu permet même, dans certaines situations, de contrôler ses actions de manière plus directe, ce qui enrichit légèrement les affrontements et la résolution des puzzles.
L’ensemble reste volontairement accessible. Les commandes répondent bien, les changements d’armes sont rapides et le rythme des combats reste dynamique sans jamais devenir brouillon.
Un monde qui encourage la curiosité
L’exploration constitue l’un des piliers de l’aventure.
Le continent de Philabieldia cache des donjons, des passages secrets, des coffres et de nombreux embranchements qui récompensent régulièrement la curiosité du joueur. Les premières démonstrations mettaient déjà en avant cette liberté d’approche, tandis que la version commerciale conserve cette philosophie en laissant une place importante à l’exploration en dehors du chemin principal.
Le rythme alterne entre exploration, énigmes environnementales, affrontements contre les monstres et combats de boss. Les donjons semblent particulièrement soignés, avec des mécaniques qui exploitent intelligemment les compétences de Faie ainsi que les différentes armes d’Elliot.

Une réalisation pleine de charme
Impossible de parler du jeu sans évoquer son esthétique.
Le moteur HD-2D continue de faire merveille. Les jeux de lumière, les effets atmosphériques et les animations donnent énormément de relief aux environnements. Si cette direction artistique commence à devenir familière chez Square Enix, elle reste toujours aussi efficace lorsqu’elle est mise au service d’un univers cohérent.
Les musiques accompagnent parfaitement cette ambiance fantasy et renforcent le côté contemplatif de certaines zones, tandis que les effets sonores participent efficacement à l’immersion.
Sur le plan technique, le jeu se montre solide. Sur Nintendo Switch 2, Square Enix annonce un affichage pouvant atteindre 60 images par seconde en mode TV et un framerate variable entre 30 et 60 FPS en mode portable, ce qui constitue une belle évolution pour un titre HD-2D de cette ampleur.
Une identité encore en construction
S’il est difficile de reprocher grand-chose à sa réalisation ou à son gameplay, The Adventures of Elliot doit encore convaincre sur un point essentiel : son identité.
Les influences sont parfois si nombreuses qu’elles prennent le dessus sur ce que le jeu cherche à raconter. Certains joueurs y verront un hommage sincère aux grands action-RPG des années 90, tandis que d’autres auront peut-être le sentiment d’évoluer dans une aventure qui peine encore à réellement s’émanciper de ses modèles.
Cela ne retire rien au plaisir de jeu, mais il faudra probablement attendre la totalité de l’aventure pour savoir si Elliot deviendra une nouvelle figure marquante du catalogue Square Enix ou simplement un excellent héritier des classiques.

Les points positifs
- Une superbe direction artistique HD-2D.
- Une exploration qui récompense la curiosité.
- Des combats nerveux et agréables à prendre en main.
- La personnalisation des armes grâce aux magilithes.
- Le concept des différentes époques apporte une vraie curiosité narrative.
- Les donjons semblent variés et bien construits.
- Une excellente fluidité annoncée sur Nintendo Switch 2.
- Faie apporte de vraies mécaniques de gameplay et ne sert pas uniquement de guide.
Les points négatifs
- Une forte impression de déjà-vu dans ses inspirations.
- Une identité qui met du temps à se distinguer.
- Une narration qui devra confirmer son potentiel sur la durée.
- Le style HD-2D, aussi réussi soit-il, commence à perdre son effet de surprise.
- Certaines mécaniques rappellent très directement plusieurs grands classiques du genre.
Verdict
The Adventures of Elliot: The Millennium Tales ne cherche pas à révolutionner l’action-RPG. Son ambition semble plutôt être de retrouver la magie des grandes aventures 16 bits en y ajoutant des mécaniques modernes, une réalisation somptueuse et une structure davantage tournée vers l’exploration.
Le pari est largement réussi. Le système de combat est efficace, les possibilités offertes par les magilithes enrichissent la progression et le voyage à travers différentes époques donne une vraie personnalité au monde de Philabieldia. Surtout, on sent que Team Asano maîtrise désormais parfaitement sa formule HD-2D, tant sur le plan artistique que dans le rythme de l’aventure.
Il reste encore quelques interrogations sur la capacité du scénario à surprendre jusqu’à son dénouement et sur l’identité propre de cette nouvelle licence, mais les bases sont solides.
Sans chercher à détrôner les références qui l’ont inspiré, The Adventures of Elliot: The Millennium Tales s’impose comme une aventure chaleureuse, généreuse et particulièrement séduisante pour tous les amateurs d’action-RPG classiques.
Note : 17,5/20
Un excellent premier épisode qui puise ouvertement dans les grands classiques du genre tout en apportant suffisamment d’idées modernes pour donner envie de suivre les prochaines aventures d’Elliot.
Merci à l’éditeur de nous avoir fourni une version du jeu afin de vous proposer ce test 🙂