Il y a des licences qui nous accompagnent pendant quelques années et d’autres qui finissent par faire partie de notre histoire de joueur. Pour moi, Kingdom Hearts appartient clairement à la deuxième catégorie. J’ai toujours eu un attachement particulier à cette série qui mélange les univers Disney, les personnages de Square Enix et une histoire bien plus complexe qu’elle n’en a l’air. Derrière les aventures de Sora, Donald et Dingo se cachent des thèmes qui me touchent encore aujourd’hui : l’amitié, la perte, les souvenirs, les sacrifices et cette lutte permanente entre la lumière et les ténèbres. Alors forcément, lorsque Square Enix annonce l’arrivée de Kingdom Hearts Collection I-III sur Nintendo Switch 2, je suis particulièrement enthousiaste. Cette fois, il ne s’agit pas simplement de retrouver une compilation déjà connue : c’est surtout l’occasion de redécouvrir une grande partie de la saga sur une console que je peux emporter partout.
Et c’est précisément là que cette édition prend tout son sens. Pouvoir lancer Kingdom Hearts II sur le téléviseur, poursuivre mon aventure en mode portable quelques minutes plus tard et retrouver Sora sans devoir dépendre d’une connexion Internet permanente, c’est un véritable plaisir. Sur la précédente génération de consoles Nintendo, les jeux Kingdom Hearts proposés en streaming dans le cloud ne m’offraient pas cette liberté. Avec la Switch 2, les titres de cette collection fonctionnent nativement sur la machine. Je peux donc jouer à mon rythme, que je sois confortablement installé dans mon canapé ou que j’aie envie de poursuivre ma partie ailleurs. Pour une saga aussi longue, qui demande des dizaines et des dizaines d’heures d’investissement, cet avantage change réellement ma manière de jouer. Cette collection ne réinvente pas les aventures de Sora, mais elle leur offre un nouveau terrain de jeu, et pour un fan comme moi, c’est déjà une excellente raison de replonger dans cet univers.
Une compilation gigantesque pour redécouvrir toute une saga
Avant de parler des jeux individuellement, il faut comprendre ce que représente réellement cette collection. Kingdom Hearts Collection I-III rassemble une quantité considérable de contenu répartie dans trois applications distinctes. La première, Kingdom Hearts HD 1.5 + 2.5 ReMIX, réunit Kingdom Hearts Final Mix, Re of Memories, Kingdom Hearts II Final Mix et Birth by Sleep Final Mix. Elle comprend également les films remastérisés de Kingdom Hearts 358/2 Days et Kingdom Hearts Re. La deuxième compilation, Kingdom Hearts HD 2.8 Final Chapter Prologue, propose Dream Drop Distance HD, Kingdom Hearts 0.2 Birth by Sleep -A fragmentary passage- et le film Kingdom Hearts χ Back Cover. Enfin, Kingdom Hearts III + Re Mind vient compléter l’ensemble avec le troisième épisode principal et son extension. On retrouve donc sept jeux jouables, trois expériences sous forme de films et de nombreux éléments narratifs permettant de suivre les grandes étapes de l’histoire. Il manque toutefois certains contenus de l’univers étendu, notamment les épisodes mobiles Union χ et Dark Road, ainsi que le jeu musical Melody of Memory, qui reste disponible séparément.



Cette organisation permet de parcourir une très grande partie de l’histoire de Kingdom Hearts sans avoir à multiplier les consoles ou à rechercher les anciennes éditions. Et c’est important, car la saga peut rapidement devenir intimidante pour quelqu’un qui souhaite la découvrir aujourd’hui. Entre les épisodes numérotés, les aventures intermédiaires, les personnages qui apparaissent dans plusieurs jeux et les révélations qui prennent leur sens des années plus tard, on pourrait facilement avoir l’impression de devoir préparer un véritable dossier avant de commencer. Pourtant, une fois que l’on accepte de suivre les aventures dans leur ordre de sortie, le voyage devient beaucoup plus naturel. On découvre les mystères progressivement, on s’attache aux personnages et l’on comprend petit à petit pourquoi cette série occupe une place aussi particulière dans le paysage vidéoludique.
Ce que j’apprécie dans cette collection, c’est aussi de pouvoir mesurer l’évolution de la licence. On commence avec un Kingdom Hearts qui porte encore les marques de son époque PlayStation 2, puis on traverse les générations de consoles avant d’arriver à un troisième épisode beaucoup plus impressionnant visuellement. Les systèmes de combat évoluent, les mondes gagnent en ampleur et la mise en scène devient de plus en plus spectaculaire. Tout cela forme une sorte de voyage à travers l’histoire de la série, mais aussi à travers plusieurs générations de jeux vidéo.
Sur Nintendo Switch 2, cette expérience bénéficie surtout d’un avantage concret : tous ces jeux deviennent accessibles sur une seule machine, sans streaming permanent. La collection est disponible sur plusieurs plateformes, mais la version Nintendo possède cet argument nomade qui lui donne une identité particulière. Les modes téléviseur, sur table et portable permettent d’adapter chaque session à son envie, et je trouve cette souplesse particulièrement adaptée à un RPG aussi vaste. En revanche, il faut prévoir de la place : l’installation complète représente environ 140,8 Go avec le pack de voix japonaises de Kingdom Hearts III. La compilation est divisée en trois applications, ce qui signifie que l’on ne retrouve pas toute la saga derrière un unique menu central. C’est un détail perfectible, mais il n’enlève rien à l’intérêt de pouvoir conserver autant d’aventures à portée de main.
Kingdom Hearts Final Mix : le début d’un voyage devenu légendaire
Tout commence sur les Îles du Destin avec Sora, Riku et Kairi. Trois amis qui rêvent de découvrir ce qui existe au-delà de leur petit monde, sans imaginer une seule seconde que leur curiosité va les entraîner dans une aventure capable de bouleverser plusieurs univers. J’ai toujours trouvé cette introduction particulièrement efficace parce qu’elle prend le temps de présenter la relation entre les trois personnages avant de faire basculer leur quotidien. Sora est le héros optimiste, celui qui avance malgré la peur et l’incompréhension. Riku représente davantage cette envie de découvrir l’inconnu, quitte à se laisser séduire par les ténèbres, tandis que Kairi devient rapidement le cœur émotionnel de cette histoire. Lorsque les Îles du Destin sont englouties et que Sora se retrouve séparé de ses deux amis, son aventure prend une tout autre dimension. Il obtient la Keyblade, traverse les mondes et découvre progressivement que ce qui lui arrive dépasse largement sa propre histoire.

La présence de Donald et Dingo apporte immédiatement cette touche Disney qui pourrait sembler complètement improbable sur le papier, mais qui fonctionne étonnamment bien une fois en jeu. Traverser Traverse Town, affronter les Sans-cœur et partir à la découverte de mondes comme Wonderland, Agrabah, Halloween Town ou Neverland donne cette sensation de véritable voyage. Chaque univers possède sa propre ambiance, ses personnages et ses enjeux, tout en s’intégrant à la grande histoire de Sora. Derrière les couleurs, les musiques et les héros Disney se cache pourtant une aventure beaucoup plus mélancolique qu’elle n’en a l’air. La notion de cœur, les ténèbres, les séparations et les sacrifices donnent à Kingdom Hearts une profondeur qui m’avait déjà marqué à l’époque et qui fonctionne encore aujourd’hui. J’aime cette manière de raconter une histoire accessible en apparence, mais qui gagne en complexité au fil des heures.
Côté gameplay, le premier épisode reste évidemment marqué par son époque. Les déplacements, certaines animations et la caméra peuvent demander un petit temps d’adaptation, surtout si l’on arrive directement d’un jeu moderne. Mais son système de combat conserve un charme indéniable, avec la possibilité d’enchaîner les attaques à la Keyblade, d’utiliser la magie et de compter sur Donald et Dingo pour nous aider dans les affrontements. Les combats de boss demandent parfois de bien observer les mouvements adverses, et certaines séquences peuvent se montrer exigeantes. Pourtant, une fois lancé, je retrouve très rapidement cette envie de progresser, de découvrir le prochain monde et de comprendre ce qui se cache derrière les Sans-cœur.
Sur Switch 2, le confort technique participe largement au plaisir de la redécouverte. Les jeux issus des générations PS2, PSP et 3DS présents dans la collection peuvent atteindre 4K/60 images par seconde sur téléviseur et 1080p/60 images par seconde en mode portable. Cela concerne notamment les épisodes classiques comme Kingdom Hearts Final Mix. La fluidité rend les combats agréables et permet au jeu de conserver une belle réactivité, même si ses graphismes trahissent naturellement son âge. Et surtout, le mode portable me permet de retrouver cette aventure dans des conditions particulièrement confortables. Je peux avancer dans l’histoire pendant une courte session, puis reprendre plus tard sans devoir organiser toute une séance devant mon téléviseur. Pour un jeu qui m’a autant marqué, c’est un vrai plaisir.
Re of Memories : quand les souvenirs deviennent une arme
Re of Memories est probablement l’un des épisodes qui surprennent le plus lorsqu’on découvre la saga. Après les événements du premier jeu, Sora, Donald et Dingo poursuivent leur route et arrivent au mystérieux Château Oblivion. À partir de là, les souvenirs deviennent le cœur même de l’aventure, et l’histoire commence à jouer avec les certitudes du joueur. Sora rencontre Naminé, une jeune fille dont l’existence est intimement liée à sa mémoire, tandis que l’Organisation XIII prend progressivement une place essentielle dans la mythologie de la série. Le jeu explore une question qui deviendra fondamentale pour Kingdom Hearts : qu’est-ce qui fait réellement notre identité ? Nos souvenirs, nos relations, les personnes que nous aimons ? Et que reste-t-il de nous lorsque quelqu’un manipule ce que nous pensons être notre propre histoire ?
J’apprécie énormément cet épisode pour sa narration, même si son système de combat basé sur les cartes demande une véritable période d’adaptation. Au premier abord, on peut avoir l’impression que cette mécanique casse complètement la dynamique du premier Kingdom Hearts. Il ne suffit plus d’attaquer en temps réel : il faut composer son deck, choisir ses cartes et gérer ses ressources pour conserver l’avantage pendant les affrontements. Une fois le système compris, il apporte pourtant une vraie dimension stratégique. Les combats deviennent une affaire d’anticipation et de préparation, et les choix effectués avant une rencontre peuvent faire une grande différence. Ce n’est pas forcément mon système préféré de la saga, mais il donne à Re of Memories une identité propre.
Le Château Oblivion est également un lieu particulièrement intéressant, car chaque étage permet de retrouver des mondes connus à travers les souvenirs de Sora. Cette répétition peut parfois donner une impression de déjà-vu, mais elle correspond parfaitement au thème du jeu. Le joueur revisite des souvenirs qui ne sont jamais totalement fiables, pendant que Sora lui-même commence à perdre ses repères. Derrière cette structure se cache donc une aventure beaucoup plus troublante qu’elle n’en a l’air. L’épisode est indispensable pour comprendre certains personnages et les événements qui suivront, notamment l’importance grandissante de l’Organisation XIII.
Sur Switch 2, le jeu profite du même confort général que les autres titres classiques de la collection. La fluidité facilite les affrontements et le mode portable se prête bien à sa structure en salles successives. Je peux avancer étage après étage, faire une pause et reprendre sans avoir besoin de me replonger immédiatement dans une longue séquence d’exploration. C’est un avantage discret, mais qui compte lorsque l’on traverse plusieurs épisodes à la suite.
Kingdom Hearts II Final Mix : Roxas, Sora et le cœur de la saga
Pour beaucoup de joueurs, Kingdom Hearts II représente encore aujourd’hui l’un des sommets de la série, et je comprends parfaitement pourquoi. Le jeu commence pourtant d’une manière assez particulière puisque l’on n’incarne pas immédiatement Sora. Pendant plusieurs heures, Roxas prend sa place et nous fait découvrir Twilight Town, ses amis, son quotidien et cette étrange impression que quelque chose ne tourne pas rond. Cette introduction peut sembler lente lorsqu’on connaît déjà l’histoire, mais elle prend énormément de sens lorsque l’on comprend ce que Roxas représente. Son histoire, sa relation avec Axel et Xion et les événements qui entourent son identité donnent à Kingdom Hearts II une dimension émotionnelle particulièrement forte. Roxas est un personnage qui existe à travers les souvenirs, les liens et les sacrifices, et son destin est directement connecté à celui de Sora.
Lorsque Sora se réveille enfin, le rythme change complètement. L’Organisation XIII devient une menace centrale et le voyage reprend à travers de nombreux mondes Disney. Sora retrouve Donald et Dingo, mais il n’est plus exactement le même héros que dans le premier épisode. Son expérience, ses pertes et tout ce qu’il a découvert l’ont fait grandir. Le système de combat devient également beaucoup plus spectaculaire, avec des mouvements rapides, des attaques combinées, des réactions contextuelles et les différentes formes de Sora qui permettent de personnaliser son style de jeu. C’est l’un des épisodes dans lesquels je ressens le plus cette impression de puissance. On commence l’aventure avec un Sora encore fragile et, progressivement, on devient capable d’enchaîner les ennemis avec une efficacité presque insolente.
Mais ce que je retiens surtout de Kingdom Hearts II, c’est son équilibre entre spectacle et émotion. L’histoire de Roxas, celle d’Axel, la relation entre Sora et Riku, le retour de Kairi, la présence de Mickey et la montée en puissance de Xemnas donnent à l’aventure une densité beaucoup plus importante. Le jeu développe également les questions autour des Simili et de l’Organisation XIII, qui restent au cœur de nombreux mystères de la série. Même lorsqu’il semble simplement raconter une aventure Disney pleine de couleurs, Kingdom Hearts II continue d’ajouter des couches à son univers. Et lorsque je retrouve cet épisode aujourd’hui sur Switch 2, avec sa fluidité à 60 images par seconde, je comprends encore mieux pourquoi il a marqué autant de joueurs.
C’est aussi le genre de jeu qui profite énormément du format portable. Kingdom Hearts II est suffisamment riche pour que l’on ait toujours envie de poursuivre l’aventure, mais ses différentes zones et ses combats permettent aussi de profiter de sessions plus courtes. Je peux lancer le jeu pour refaire un affrontement, avancer dans un monde ou simplement retrouver une musique qui me rappelle de bons souvenirs. Le passage entre le téléviseur et l’écran de la console se fait naturellement, et cette souplesse donne une nouvelle valeur à un titre que j’ai déjà parcouru auparavant. La Switch 2 ne transforme pas son gameplay, mais elle rend beaucoup plus simple le fait d’y revenir régulièrement.
358/2 Days : Roxas, Axel et Xion, une histoire de trois amis
Kingdom Hearts 358/2 Days occupe une place particulière dans cette collection puisqu’il n’est pas proposé sous forme de jeu jouable, mais à travers des cinématiques remastérisées en HD. C’est dommage pour celles et ceux qui auraient aimé retrouver le gameplay original, mais l’histoire reste suffisamment importante pour mériter sa place dans le parcours. On y suit Roxas après son entrée dans l’Organisation XIII et surtout sa relation avec Axel et Xion. C’est là que la série montre une nouvelle fois sa capacité à transformer une organisation qui pouvait sembler composée uniquement de grands antagonistes en un groupe de personnages ayant leurs propres émotions, leurs propres doutes et leurs propres blessures.
La relation entre Roxas, Axel et Xion constitue pour moi l’une des histoires les plus touchantes de la saga. Tous trois se retrouvent liés par une amitié qui semble pourtant impossible dans le contexte de l’Organisation XIII. Roxas veut comprendre qui il est, Xion cherche elle aussi sa place et Axel tente de préserver ce fragile équilibre alors que chacun commence à comprendre que leur situation ne peut pas durer. Le destin de Xion donne progressivement au récit une tonalité beaucoup plus triste, et cette histoire permet surtout de comprendre pourquoi certains événements de Kingdom Hearts II ont autant de poids. Ce n’est donc pas un simple bonus à regarder entre deux jeux : c’est une pièce importante du puzzle, notamment pour comprendre Roxas et les liens qui l’unissent aux autres personnages.
L’absence de version jouable reste néanmoins une limite de la compilation. J’aurais aimé pouvoir retrouver cet épisode dans son format original, même avec des adaptations techniques, plutôt que de devoir me contenter du film. Sur Switch 2, le visionnage reste évidemment pratique, mais il ne remplace pas l’expérience de jeu initiale. C’est l’un des exemples qui montrent que cette collection cherche avant tout à rassembler les principales histoires de la saga, sans pour autant rendre chaque épisode jouable.
Birth by Sleep : trois héros, trois destins et les origines du conflit
Birth by Sleep nous ramène avant les événements du premier Kingdom Hearts et permet de découvrir trois personnages qui vont profondément influencer l’histoire de la saga : Terra, Aqua et Ventus. Là où les précédents épisodes étaient principalement construits autour de Sora, celui-ci propose trois parcours différents qui se croisent régulièrement. Terra est attiré par la puissance et souhaite devenir Maître de la Keyblade, Ventus possède une personnalité beaucoup plus jeune et innocente, tandis qu’Aqua est probablement la plus équilibrée du trio et porte une véritable responsabilité en tant qu’élève destinée à devenir Maître. Ce choix narratif permet de découvrir progressivement comment les événements du passé ont préparé ce que nous connaissons déjà.
J’aime particulièrement Birth by Sleep parce que le jeu transforme notre regard sur l’ensemble de la saga. Terra, Aqua et Ventus ne sont pas simplement de nouveaux héros : leurs décisions, leurs erreurs et leurs sacrifices permettent de comprendre les origines de plusieurs éléments fondamentaux de Kingdom Hearts. Le joueur traverse différents mondes Disney en suivant chacun des trois protagonistes, et certaines scènes prennent une toute autre signification lorsqu’on les découvre depuis plusieurs points de vue. Cette structure donne aussi envie de recommencer l’aventure pour comprendre comment les différents parcours se répondent. Plus l’histoire avance, plus le ton devient sombre. Les trois héros sont confrontés à leurs propres faiblesses et à une menace qui dépasse largement leurs capacités. Le destin de Terra, la souffrance de Ventus et le parcours d’Aqua forment un récit particulièrement tragique qui donne une profondeur supplémentaire à l’univers.
Le système de combat conserve l’esprit de Kingdom Hearts tout en proposant une approche différente, notamment grâce aux commandes que l’on peut sélectionner et combiner. Il faut apprendre à adapter ses techniques et à tirer parti des capacités de chaque personnage. Les trois parcours ne donnent pas exactement la même sensation de jeu, ce qui contribue à rendre l’expérience intéressante sur la durée. Et comme les épisodes classiques de cette collection tournent de manière fluide sur Switch 2, les combats restent agréables, que je joue sur le téléviseur ou en mode portable.
C’est justement dans ce genre de jeu que le côté nomade de la console devient particulièrement pertinent. Birth by Sleep se prête très bien aux sessions régulières, et la possibilité de suivre un personnage, de mettre la console en veille puis de reprendre plus tard est idéale pour une aventure construite autour de plusieurs scénarios. Je peux avancer dans le parcours de Terra, revenir ensuite à Aqua et découvrir les différences entre leurs histoires sans devoir réserver de longues plages de jeu devant mon téléviseur. Pour moi, cette liberté fait partie des véritables qualités de cette version.
Dream Drop Distance : le passage vers Kingdom Hearts III
Dream Drop Distance arrive comme une étape essentielle avant Kingdom Hearts III. Sora et Riku doivent passer l’examen du Maître de la Keyblade et se retrouvent plongés dans plusieurs mondes afin de réveiller ceux qui sont encore endormis. Le jeu introduit également les Avale-Rêves, qui remplacent en quelque sorte les compagnons traditionnels et ajoutent une nouvelle dimension au gameplay. Mais derrière cette mécanique se trouve surtout un épisode qui prépare directement la suite de la saga.
Ce que j’aime dans Dream Drop Distance, c’est sa manière de jouer avec la frontière entre rêve et réalité. Sora et Riku vivent parfois des événements qui ne sont pas immédiatement faciles à comprendre, et le scénario continue de développer les manipulations de l’Organisation XIII. L’alternance entre les deux personnages apporte également un rythme particulier, puisque l’on doit progresser dans leurs aventures respectives tout en comprenant comment elles s’articulent. Le jeu est important pour saisir comment la menace de Xehanort se met progressivement en place avant Kingdom Hearts III. Ce n’est pas forcément l’épisode le plus accessible de la saga, mais il est essentiel pour comprendre la situation dans laquelle commence le troisième volet.
Sur Switch 2, le jeu fait partie des titres qui profitent pleinement de la fluidité des versions classiques. Les déplacements, les combats et les enchaînements sont agréables, et l’écran portable permet de profiter de ses environnements colorés sans sacrifier le confort. J’apprécie aussi de pouvoir retrouver cet épisode sans avoir à ressortir une ancienne console portable. Son héritage 3DS se ressent dans sa structure et ses mécaniques, mais cette version permet de le redécouvrir dans des conditions plus pratiques. Pour un fan qui souhaite parcourir toute la saga avant Kingdom Hearts IV, c’est un avantage non négligeable.
0.2 Birth by Sleep -A fragmentary passage- : dans les ténèbres avec Aqua
Avec 0.2 Birth by Sleep -A fragmentary passage-, Square Enix propose une aventure plus courte, mais particulièrement importante. On y retrouve Aqua, enfermée dans le Royaume des Ténèbres après les événements de Birth by Sleep. Le jeu sert de pont direct vers Kingdom Hearts III et permet de mesurer l’évolution technique de la série grâce à l’Unreal Engine 4. Les environnements sont plus détaillés, les effets lumineux plus modernes et la mise en scène donne une nouvelle dimension à cet univers que l’on connaissait jusqu’ici à travers des productions plus anciennes.
Mais au-delà de l’aspect technique, c’est surtout l’atmosphère qui m’a marqué. Le Royaume des Ténèbres est présenté comme un endroit oppressant, presque labyrinthique, dans lequel Aqua avance seule. On retrouve une héroïne que l’on avait appris à connaître dans Birth by Sleep et qui doit désormais survivre dans un environnement où les repères ont pratiquement disparu. Cette solitude donne à l’aventure une tonalité différente, plus mélancolique, qui contraste avec les mondes Disney habituellement traversés par Sora. Le jeu reste court, mais il permet de retrouver une partie de l’émotion qui fait la force de la saga et prépare parfaitement le terrain pour Kingdom Hearts III.
C’est également l’un des épisodes qui permet de mieux comprendre les limites techniques de la collection sur Switch 2. Contrairement aux jeux plus anciens, qui profitent d’une fluidité particulièrement régulière, 0.2 affiche une fréquence d’images variable, située selon les scènes entre environ 20 et 60 images par seconde. La résolution dynamique peut monter jusqu’à 1440p sur téléviseur et 1080p en mode portable, mais les variations de fluidité restent perceptibles. Cela ne rend pas le jeu injouable, mais il faut accepter que cette expérience plus moderne soit moins stable que les épisodes classiques. Le passage en portable reste appréciable, même si les séquences chargées ne bénéficient pas toujours de la même douceur d’affichage.
Kingdom Hearts III : le grand retour de Sora sur Switch 2
Après des années d’attente, Kingdom Hearts III représente évidemment le grand événement de cette collection. Et lorsque je lance le jeu sur Switch 2, je ressens immédiatement la différence avec les épisodes précédents. Le passage à l’Unreal Engine 4 donne une toute autre dimension aux personnages et aux environnements. Sora, Donald et Dingo semblent enfin évoluer dans des mondes Disney qui peuvent rivaliser visuellement avec leurs films d’origine. Le joueur peut notamment parcourir des univers inspirés de Toy Story, Raiponce, Les Nouveaux Héros, Monstres & Cie ou encore La Reine des Neiges, et chacun bénéficie d’une véritable identité visuelle. Les décors sont plus vastes, les animations plus détaillées et les affrontements gagnent en ampleur.

Ce qui me plaît particulièrement dans Kingdom Hearts III, c’est cette sensation de liberté. Les mondes sont plus ouverts et permettent davantage d’exploration. Sora peut grimper, courir sur les murs, utiliser différents mouvements et profiter de transformations de Keyblade qui donnent à chaque arme un style particulier. Le système de combat reprend évidemment les fondamentaux de la série, mais il pousse beaucoup plus loin la mise en scène. Les attractions Disney, les attaques spéciales, les transformations et les différentes possibilités offertes au joueur rendent certains affrontements complètement démesurés. C’est parfois excessif, parfois presque spectaculaire au point de ressembler à un film interactif, mais c’est précisément ce qui fait le charme de Kingdom Hearts. J’aime cette capacité à me faire passer d’un combat classique contre les Sans-cœur à une séquence totalement folle en quelques secondes.
Et surtout, Kingdom Hearts III représente l’aboutissement de toutes les histoires précédentes. Sora ne traverse plus simplement des mondes Disney : il part régler les conséquences de tout ce qui s’est produit depuis le premier épisode. Riku, Kairi, Aqua, Terra, Ventus, Roxas, Xion, Axel et les autres personnages se retrouvent au centre d’une histoire qui cherche à réunir les différents morceaux de cette immense aventure. Même si le scénario reste fidèle aux habitudes parfois très complexes de Kingdom Hearts, j’aime cette sensation de voir enfin des personnages que l’on suit depuis des années se retrouver au même endroit. Certains événements prennent une autre dimension lorsque l’on a parcouru les épisodes précédents, et c’est précisément ce qui rend cette compilation intéressante : le troisième jeu gagne en émotion lorsque l’on connaît tout le chemin parcouru par ses héros.
La question reste évidemment de savoir comment Kingdom Hearts III se comporte sur Switch 2. C’est l’épisode le plus exigeant de la collection, et il faut être honnête : le résultat n’est pas aussi régulier que celui des titres plus anciens. La résolution dynamique peut atteindre environ 1440p sur téléviseur et 1080p en mode portable, tandis que la fréquence d’images oscille entre 30 et 60 images par seconde. Le jeu reste donc agréable, mais les variations sont visibles dans les scènes chargées et certains combats. Un léger aliasing, notamment sur les cheveux, peut également se faire remarquer. Pour autant, le portage présente un avantage très appréciable : les chargements sont nettement plus rapides que sur PS4 et PS4 Pro, ce qui améliore sensiblement le rythme de l’aventure.
Et c’est là que je trouve la version Switch 2 particulièrement intéressante. Kingdom Hearts III est un jeu dans lequel on peut facilement passer de longues sessions à explorer un monde, mais il se prête aussi aux petites pauses entre deux objectifs. Le mode portable me permet de continuer à progresser sans monopoliser le téléviseur, et je peux reprendre mon aventure dans un environnement différent sans perdre le fil. Visuellement, le jeu reste impressionnant sur le petit écran de la console, même si les limites techniques sont plus faciles à remarquer dans certaines scènes. Il ne faut donc pas s’attendre à une version parfaitement verrouillée à 60 images par seconde, mais plutôt à une adaptation qui privilégie la possibilité de jouer partout, avec des chargements plus rapides et un confort général convaincant.
Re Mind : un dernier morceau indispensable
L’extension Re Mind vient compléter Kingdom Hearts III et apporte davantage de contexte autour de certains événements de la fin du jeu. Elle permet de revisiter une partie de l’histoire sous un autre angle et d’ajouter des éléments supplémentaires à certains passages. Pour moi, elle représente surtout une manière de prolonger cette grande aventure après la conclusion de Kingdom Hearts III et de donner davantage de matière aux personnages et aux événements qui suivent.
Ce que j’apprécie dans Re Mind, c’est qu’elle s’adresse clairement aux joueurs qui souhaitent aller plus loin. Ce n’est pas simplement une poignée de contenus ajoutés pour rallonger artificiellement la durée de vie : l’extension cherche réellement à enrichir certains événements et à apporter un éclairage supplémentaire sur la conclusion. Elle constitue donc une partie importante de cette édition, surtout lorsque l’objectif est de posséder la version la plus complète possible de Kingdom Hearts III. Le fait qu’elle soit intégrée à la collection évite de devoir chercher séparément l’extension et permet de retrouver l’ensemble de cette aventure dans le même environnement.
Nintendo Switch 2 : le véritable intérêt de cette édition
C’est probablement l’élément qui me fait le plus apprécier cette collection. Kingdom Hearts a déjà été remastérisé et recompilé de nombreuses fois. Cette édition n’invente donc pas de nouveaux jeux et ne propose pas de contenu inédit majeur par rapport aux précédentes collections. Pourtant, sur Nintendo Switch 2, elle apporte une différence essentielle : la saga n’est plus prisonnière du cloud et devient réellement nomade. Les anciennes versions proposées sur Nintendo Switch reposaient sur le streaming pour faire tourner ces jeux, ce qui impliquait une dépendance à la connexion et pouvait compliquer les sessions en déplacement. Ici, les jeux sont installés et exécutés directement sur la console. C’est un changement fondamental pour une série aussi longue, puisque je peux lancer mon aventure sans dépendre d’un flux vidéo distant et profiter de la portabilité pour laquelle la machine est conçue.
Pour moi, cet avantage va bien au-delà du simple fait de pouvoir jouer dans le train ou dans mon lit. Il modifie la manière dont j’aborde la saga au quotidien. Kingdom Hearts représente des dizaines d’heures de jeu, des mondes à explorer, des boss à vaincre et une histoire qui demande parfois de se souvenir de nombreux détails. La possibilité de reprendre une partie dans des sessions plus courtes rend l’ensemble beaucoup plus facile à intégrer à mon rythme. Je peux avancer dans un épisode pendant une demi-heure, mettre la console en veille, puis retrouver Sora plus tard sans avoir besoin de préparer toute une séance devant le téléviseur. Et lorsque j’ai envie de profiter pleinement de la musique, des environnements et des cinématiques sur grand écran, je retrouve simplement le mode TV. Cette souplesse correspond parfaitement à ce que j’attends d’une console hybride.
Le confort technique des anciens épisodes renforce encore cet intérêt. Les jeux classiques tournent jusqu’à 60 images par seconde, avec une résolution pouvant atteindre 4K sur téléviseur et 1080p en mode portable. Les déplacements et les combats gagnent en fluidité, tandis que les temps de chargement rapides permettent de conserver un bon rythme. La Switch 2 offre donc une manière particulièrement agréable de revisiter Kingdom Hearts Final Mix, Re of Memories, Kingdom Hearts II, Birth by Sleep et Dream Drop Distance. Je peux enchaîner les épisodes sans avoir l’impression de revenir constamment à une expérience technique dépassée. Bien sûr, certains modèles, textures et animations conservent les marques de leur époque, mais le confort de jeu reste très convaincant.
Le bilan est plus nuancé pour Kingdom Hearts III et 0.2 Birth by Sleep. Ces épisodes plus modernes sollicitent davantage la machine et affichent une fréquence d’images variable. Il faut accepter quelques compromis, particulièrement lors des combats les plus chargés, et ne pas considérer cette édition comme une version systématiquement verrouillée à 60 images par seconde. Malgré cela, le fait de pouvoir y jouer nativement en portable reste un véritable atout. Kingdom Hearts III n’est plus une expérience dépendante d’une console de salon ou d’un service de streaming : je peux l’emporter partout et profiter de ses mondes Disney sur l’écran de la Switch 2. À mes yeux, c’est l’un des arguments les plus convaincants de cette version, même si les joueurs qui privilégient avant tout une fluidité parfaitement stable préféreront garder à l’esprit ses limites.
Il y a enfin un autre détail qui compte pour les fans : les voix japonaises sont désormais disponibles pour Kingdom Hearts III sur cette version, avec des sous-titres français. J’apprécie particulièrement cette possibilité, même si je regrette que les précédents épisodes ne bénéficient toujours pas de doublages japonais et que les anciens doublages français soient absents. Le pack de voix japonaises de Kingdom Hearts III est par ailleurs séparé et augmente l’espace nécessaire à l’installation. Ce sont des concessions qui empêchent cette édition d’être totalement définitive, mais elles n’effacent pas les progrès réalisés sur l’accessibilité et le confort de jeu.
Une collection immense, mais pas totalement parfaite
Il faut tout de même parler des limites, car cette édition aurait pu aller encore plus loin. L’installation complète représente environ 140,8 Go avec le pack de voix japonaises, répartis entre les trois applications. Il faut donc vérifier l’espace disponible avant de télécharger l’ensemble, surtout si la console accueille déjà plusieurs jeux volumineux. Cette taille s’explique par la quantité de contenu, mais elle représente un investissement conséquent en stockage. J’aurais également préféré retrouver un véritable menu central regroupant tous les épisodes plutôt que de devoir passer d’une application à l’autre. Pour une compilation qui met en avant l’ampleur de la saga, cette séparation paraît un peu dommage.
L’autre déception concerne les doublages. Les jeux proposent les voix anglaises avec des textes français, tandis que Kingdom Hearts III bénéficie désormais des voix japonaises avec sous-titres français. Pour moi qui apprécie particulièrement découvrir Kingdom Hearts en japonais, c’est une excellente nouvelle pour le troisième épisode. En revanche, le fait que les précédents jeux n’aient toujours pas bénéficié des voix japonaises constitue une occasion manquée. Les anciens doublages français ne sont pas non plus présents. J’aurais vraiment aimé que cette collection profite de l’occasion pour proposer davantage de choix audio sur l’ensemble de la saga, surtout pour les joueurs qui souhaitent redécouvrir les épisodes avec les voix qu’ils préfèrent.
Je regrette également quelques détails de présentation, notamment l’ordre de certains jeux dans les menus, ainsi que l’absence de plusieurs épisodes jouables dans leur version originale. 358/2 Days et Re sont proposés sous forme de films, tandis que Union χ et Dark Road nécessitent de passer par des ressources séparées pour suivre leur histoire. Melody of Memory manque également à l’appel, alors qu’il contient des éléments narratifs importants. La collection rassemble donc une très grande partie de la saga, mais elle ne constitue pas à elle seule une version absolument exhaustive de tout ce qui existe dans l’univers Kingdom Hearts.
Enfin, il faut garder en tête que cette édition n’apporte pas une refonte graphique complète. Les anciens épisodes restent fidèles aux versions remastérisées que l’on connaît déjà, et Kingdom Hearts III conserve certaines limites techniques sur Switch 2. La véritable nouveauté de cette version Nintendo réside surtout dans son fonctionnement natif et sa portabilité. Pour quelqu’un qui possède déjà l’ensemble sur une autre plateforme, l’intérêt dépendra donc principalement de son envie de rejouer partout. En revanche, pour un joueur Nintendo qui attendait depuis longtemps de pouvoir parcourir la saga sans dépendre du cloud, la différence est beaucoup plus importante.
Dans quel ordre jouer à Kingdom Hearts ?
Pour un nouveau joueur, je recommande très clairement de découvrir la saga dans son ordre de sortie plutôt que de chercher immédiatement à suivre la chronologie interne de l’histoire. Cela permet de comprendre progressivement les mystères et les personnages tels que les joueurs les ont eux-mêmes découverts. Le parcours conseillé commence avec Kingdom Hearts Final Mix, puis Re of Memories, Kingdom Hearts II Final Mix et le film de 358/2 Days. Viennent ensuite Birth by Sleep Final Mix, le film Re, Dream Drop Distance HD, les contenus liés à χ et Union χ, 0.2 Birth by Sleep, χ Back Cover, Kingdom Hearts III + Re Mind, puis les contenus de Dark Road et enfin Melody of Memory.

Cette précision est importante parce que Kingdom Hearts est une licence dans laquelle certains événements racontés très tôt ne prennent leur véritable sens que plusieurs épisodes plus tard. Se lancer directement dans la chronologie pourrait donc retirer une partie du plaisir de la découverte. Personnellement, je conseille de faire confiance à l’ordre de sortie : il permet de ressentir l’évolution de la série, de comprendre pourquoi certains personnages deviennent importants et surtout de conserver les révélations là où elles ont été pensées pour arriver. Avec la Switch 2, ce parcours est d’autant plus agréable que je peux conserver les principales aventures sur une seule machine et avancer à mon rythme, sans devoir alterner entre plusieurs consoles.
Une aventure qui peut facilement dépasser les 180 heures
Lorsque l’on regarde le contenu disponible, on comprend rapidement que cette collection est loin d’être une petite compilation. Le temps nécessaire pour être véritablement à jour dans l’histoire de Kingdom Hearts avant Kingdom Hearts IV est estimé à environ 189 heures, en comptant les jeux, les films et les différentes vidéos importantes, tandis qu’un joueur souhaitant compléter l’ensemble peut dépasser les 500 heures. Évidemment, tout le monde n’aura pas besoin de tout faire, et il est parfaitement possible de profiter de la majorité des épisodes sans chercher la complétion absolue.
Mais c’est aussi ce qui me plaît dans cette collection. Kingdom Hearts n’est pas une licence que l’on consomme rapidement avant de passer à autre chose. C’est un univers dans lequel on peut réellement s’installer. On peut simplement suivre l’histoire principale, prendre le temps d’explorer les mondes Disney, chercher des objets, améliorer son équipement ou tenter de venir à bout des défis les plus difficiles. Et lorsqu’on est fan, cette quantité de contenu devient presque rassurante : je sais que je peux lancer la collection aujourd’hui et avoir encore largement de quoi faire dans plusieurs semaines. La Switch 2 renforce cette envie de s’y replonger, parce que je peux avancer régulièrement, même lorsque je ne dispose pas d’une longue période de jeu devant moi.
Verdict : Kingdom Hearts n’a jamais été aussi agréable à emporter partout
Kingdom Hearts Collection I-III sur Nintendo Switch 2 n’est pas une révolution. Les jeux sont connus, les compilations ont déjà existé sous différentes formes et un joueur possédant les précédentes versions ne découvrira pas une nouvelle aventure cachée dans cette édition. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel que de s’arrêter à ce constat. La grande force de cette version, c’est de rendre une immense partie de la saga native, accessible et nomade sur une seule console. Là où les anciennes versions Nintendo dépendaient du cloud, cette édition permet enfin de jouer directement sur la machine, sans connexion permanente. Pour une série aussi longue, c’est un changement qui a un véritable impact sur le confort au quotidien.
En tant que fan de Kingdom Hearts, j’ai pris un véritable plaisir à retrouver Sora, Riku, Kairi, Donald, Dingo, Roxas, Axel, Xion, Aqua, Terra, Ventus et tous ces personnages qui ont accompagné une partie de mon parcours de joueur. J’ai redécouvert les débuts de Sora, replongé dans les souvenirs de Re of Memories, retrouvé toute la puissance émotionnelle de Kingdom Hearts II, suivi le destin tragique des héros de Birth by Sleep et traversé Dream Drop Distance avant d’arriver à Kingdom Hearts III. Et surtout, j’ai pu faire tout cela sur une console que je peux réellement emmener partout. Cette liberté a une valeur particulière pour moi, parce qu’elle me donne envie de revenir à la saga régulièrement, sans devoir réserver chaque session à mon téléviseur.
Techniquement, les épisodes classiques sont particulièrement agréables grâce à leur fluidité, tandis que Kingdom Hearts III profite de chargements nettement plus rapides et reste plaisant à parcourir malgré une fréquence d’images variable et quelques défauts visuels. Le mode portable est le véritable argument de cette édition, et le fait de pouvoir alterner entre les différents modes de jeu donne une nouvelle vie à des aventures que beaucoup de fans connaissent déjà. Les quelques défauts, comme l’absence de voix japonaises dans les anciens épisodes, l’absence des anciens doublages français, certains soucis d’organisation dans les menus et la séparation en trois applications empêchent toutefois la compilation d’atteindre la perfection.
Malgré ces réserves, je ressors de cette expérience avec une conclusion très simple : Kingdom Hearts est littéralement dans le creux de ma main, et c’est une sensation que j’adore. Cette collection s’adresse autant aux nouveaux joueurs qui souhaitent découvrir une saga incontournable qu’aux fans qui veulent retrouver leurs épisodes préférés dans un format beaucoup plus souple. Pour celles et ceux qui possèdent déjà tout sur une autre plateforme, l’achat sera surtout motivé par le plaisir de jouer partout. Pour les joueurs Nintendo qui attendaient de pouvoir parcourir ces aventures sans dépendre du cloud, cette version Switch 2 représente enfin une solution réellement convaincante.
Note : 18/20
Les points forts : une quantité de contenu colossale, les épisodes classiques très fluides, le fonctionnement natif sans dépendance au cloud, la possibilité de jouer à toute cette saga en mode portable, les chargements plus rapides de Kingdom Hearts III, le confort entre les modes téléviseur et portable et les voix japonaises enfin disponibles sur Kingdom Hearts III.
Les points faibles : trois applications au lieu d’un véritable menu central, une installation très volumineuse, quelques soucis d’organisation dans les menus, un aliasing visible sur certains éléments de Kingdom Hearts III, une fréquence d’images variable sur les épisodes les plus exigeants, l’absence des voix japonaises dans les anciens jeux et l’absence des anciens doublages français.
Maintenant que j’ai parcouru une nouvelle fois une grande partie de cette aventure, une seule question me reste véritablement en tête : à quand Kingdom Hearts IV ?
Merci à l’éditeur de nous faire confiance en nous ayant offert une version complete sur nintendo switch 2 pour le test