Une dinguerie à Mach 2
Après plusieurs années d’attente, la saga Ace Combat revient enfin dans les cieux de Strangereal avec Ace Combat 8. Et autant vous le dire immédiatement : c’est une dinguerie. Dès les premières secondes passées dans le cockpit, j’ai retrouvé cette sensation si particulière qui fait le charme de la série : celle de piloter une véritable machine de guerre tout en ayant l’impression d’être le héros d’un blockbuster hollywoodien.
Project Aces ne cherche pas à réinventer totalement sa formule. Le studio préfère perfectionner ce qui fonctionne, tout en poussant l’expérience encore plus loin. Et lorsque je prends mon premier virage serré, que je frôle le sol avant de remonter brutalement dans les nuages avec un missile aux trousses, je comprends immédiatement que Ace Combat 8 a parfaitement compris ce que j’attendais de lui.
Le plaisir indescriptible de prendre les commandes
Ce qui m’a le plus marqué dans Ace Combat 8, c’est la sensation de pilotage. Je ne suis pas devant une simulation aérienne ultra-réaliste où la moindre erreur de manipulation nécessite de consulter un manuel de 300 pages. Ici, tout est pensé pour que je puisse prendre mon pied immédiatement.
Je pousse les gaz, je prends de l’altitude, je vire brutalement sur la gauche et je me retrouve quelques secondes plus tard derrière un chasseur ennemi. Le manche répond au doigt et à l’œil. Les commandes sont suffisamment accessibles pour que je puisse me concentrer sur le combat, mais suffisamment précises pour me donner constamment l’impression de maîtriser réellement mon appareil.
Et surtout, la vitesse est grisante.

À haute altitude, je peux accélérer jusqu’à avoir l’impression que le décor défile à toute vitesse autour de moi. Puis vient le moment où je plonge vers le sol pour échapper à un missile. Je frôle les bâtiments, je redresse au dernier moment et je remonte dans le ciel avec cette petite montée d’adrénaline qui me rappelle pourquoi j’aime autant Ace Combat.
Le jeu arrive surtout à rendre chaque manœuvre spectaculaire.
Un tonneau, un virage serré, une montée verticale ou une esquive de dernière seconde ne sont jamais de simples commandes à effectuer : je ressens véritablement l’action à l’écran.
Une arcade qui flirte avec la simulation
A ce Combat 8 conserve cette philosophie arcade qui fait l’identité de la licence, mais j’ai trouvé le pilotage légèrement plus technique qu’auparavant.
Il ne suffit pas toujours de foncer dans le tas en maintenant la gâchette enfoncée. Dans les difficultés supérieures, je dois apprendre à gérer ma vitesse, anticiper mes trajectoires, surveiller les ennemis autour de moi et surtout comprendre quand attaquer.
Une mauvaise approche peut rapidement me mettre dans une situation catastrophique.
Je peux avoir un chasseur ennemi dans mon viseur et, deux secondes plus tard, entendre l’alerte de verrouillage d’un missile venant d’un autre appareil. Je dois alors choisir : continuer ma poursuite ou décrocher immédiatement ?
C’est dans ces moments que Ace Combat 8 devient particulièrement jouissif.
Je sens littéralement la pression monter lorsque l’alerte missile retentit. Je casse ma trajectoire, je lance mes contre-mesures, je plonge vers le sol avant de remonter brutalement. Puis je me retourne, retrouve ma cible et lâche un missile.
Impact.
Et là, difficile de ne pas lâcher un petit « wow ».
Des avions qui donnent envie de tous les essayer
L’autre grande force du jeu, ce sont évidemment les appareils.
Chaque avion possède son propre comportement et ses propres qualités. Certains sont particulièrement rapides, d’autres beaucoup plus maniables, tandis que certains brillent surtout par leur puissance de feu.
Et franchement, voir ces machines évoluer dans le ciel est un spectacle permanent.
Les avions sont incroyablement détaillés. Les ailes bougent, les gouvernes réagissent aux mouvements du manche et les différents éléments mécaniques s’animent pendant les manœuvres.
Lorsque je prends les commandes d’un Rafale M, d’un F-22A, d’un F-35C, d’un Su-57, d’un F-14A Tomcat ou encore d’un Typhoon, je passe presque autant de temps à admirer mon appareil qu’à détruire mes adversaires.
Et lorsqu’on connaît un minimum ces avions, difficile de ne pas apprécier le travail réalisé par Project Aces.
Le ciel est absolument magnifique
Techniquement, Ace Combat 8 met également une grosse claque.
Les développeurs ont particulièrement travaillé les cieux et cela se ressent immédiatement. Les nuages volumétriques, les changements de lumière, les effets météorologiques et les reflets sur la carlingue donnent parfois l’impression de regarder un film plutôt que de jouer à un jeu vidéo.
Je peux traverser une couche nuageuse et voir progressivement la lumière disparaître autour de mon appareil avant de ressortir quelques secondes plus tard au-dessus d’une mer de nuages.
Et lorsque le soleil vient se refléter sur le cockpit pendant que je fonce vers mon objectif à plusieurs centaines de kilomètres heure, c’est franchement magnifique.
Les environnements au sol sont parfois moins impressionnants, surtout lorsque je m’attarde sur certains bâtiments ou zones urbaines. Mais honnêtement, lorsque je suis lancé à pleine vitesse avec plusieurs chasseurs ennemis autour de moi, j’ai rarement le temps de m’en plaindre.

Une campagne qui en met plein les yeux
La campagne solo reprend la recette cinématographique de la série.

Je suis rapidement embarqué dans une histoire de guerre qui mélange combats aériens, rivalités entre pilotes et moments plus personnels. Les personnages de l’escadrille donnent progressivement davantage de profondeur à l’aventure et permettent de créer un véritable attachement au groupe.
J’ai particulièrement apprécié cette volonté de donner une dimension plus humaine aux affrontements.
Derrière chaque mission, il ne s’agit pas uniquement d’abattre des avions. Il y a des enjeux, des personnages et parfois des choix qui donnent un peu plus de poids à mes actions.
Tout n’est cependant pas parfait.
Avec une campagne qui s’étale sur de nombreuses missions, le rythme finit parfois par retomber. Certaines sorties donnent davantage l’impression de remplir la durée de vie que de faire véritablement avancer l’histoire.
Les dialogues radio peuvent également devenir difficiles à suivre pendant les phases d’action. Lorsque trois pilotes parlent en même temps alors qu’un missile vient de me prendre pour cible, je préfère clairement regarder mon radar plutôt que lire les sous-titres.
Une vraie préparation avant chaque décollage
Avant de partir au combat, je dois également réfléchir à mon équipement.
Quel avion choisir ? Quelles armes embarquer ? Quel appareil correspond le mieux aux objectifs de la mission ?
Cette préparation apporte une petite dimension stratégique bienvenue.
Un avion parfaitement adapté peut transformer une mission compliquée en véritable promenade de santé. À l’inverse, partir avec un équipement mal choisi peut rendre la sortie particulièrement pénible.
Et c’est là que Ace Combat 8 trouve un excellent équilibre : je peux jouer de manière totalement arcade, mais si je veux vraiment maîtriser le jeu, je dois apprendre à réfléchir comme un pilote.
Le multijoueur : encore plus de chaos
Après avoir passé plusieurs heures en solo, le multijoueur vient prolonger l’expérience.
Et là encore, le mot qui me vient à l’esprit est simple : chaos.
Les affrontements entre joueurs peuvent rapidement devenir complètement fous. Je poursuis un adversaire, je tente de verrouiller son appareil, un autre joueur arrive derrière moi, je déclenche mes contre-mesures, je plonge, je remonte et je tente immédiatement de reprendre l’avantage.
Tout va extrêmement vite.
Le cross-play permet en plus de réunir les joueurs de différentes plateformes, ce qui donne au multijoueur une communauté potentiellement importante.
La progression permet également de développer ses appareils et de personnaliser progressivement son expérience.
Je me suis rapidement retrouvé à avoir mes petits avions préférés, ceux que j’améliore et que je ressors régulièrement parce que je connais parfaitement leurs qualités.
C’est un détail, mais il contribue énormément au sentiment de progression.
Verdict
Points forts
- Un pilotage extrêmement grisant
- Des sensations de vitesse impressionnantes
- Des avions magnifiquement modélisés
- Des combats aériens spectaculaires
- Un excellent équilibre entre arcade et dimension tactique
- Des ciels absolument magnifiques
- Une campagne généreuse
- Un multijoueur particulièrement nerveux
- Une grande variété d’appareils
Points faibles
- Une campagne qui connaît quelques longueurs
- Des environnements terrestres moins impressionnants que les cieux
- Des dialogues radio parfois difficiles à suivre en pleine action
- Une interface de progression parfois peu intuitive
- Un modèle économique multijoueur qui mérite d’être surveillé
NOTE : 17/20
Une véritable montée d’adrénaline
Ace Combat 8 ne cherche pas à devenir un simulateur de vol ultra-réaliste. Et c’est probablement sa plus grande force.
Il veut me faire rêver.
Il veut me faire ressentir cette sensation de puissance lorsque je prends les commandes d’un avion de chasse, que je plonge à pleine vitesse vers le sol avant de redresser à quelques mètres du terrain. Il veut me faire transpirer lorsqu’un missile me verrouille, puis me faire sourire lorsque je parviens à retourner la situation et à abattre mon poursuivant.
Et il y arrive.
Après plusieurs heures de jeu, j’ai encore envie de retourner dans le cockpit, d’essayer un nouvel avion et de repousser mes limites.
Est-ce que Ace Combat 8 est une dinguerie ? Oui.
Ce n’est peut-être pas une révolution pour la franchise, mais ce n’est pas ce que je lui demandais. Je voulais retrouver cette sensation unique de liberté, de vitesse et de puissance qui m’avait fait aimer Ace Combat.
Et lorsque je fonce à Mach 2 au-dessus des nuages, avec une escadrille ennemie dans mon viseur et les missiles qui fusent autour de moi, je me dis une seule chose : Encore une mission.
Merci à l’éditeur de nous avoir permis de tester le titre en nous offrant une version PS5.