
Sorti le 4 février 2025, Kingdom Come Deliverance 2 plonge les joueurs dans un Moyen Âge réaliste où chaque combat est un défi et où la survie dépend de vos choix. Ce test complet explore le gameplay, les graphismes et les nouveautés de cette suite tant attendue.
Introduction
Le Moyen Âge, ses chevaliers, ses batailles épiques… et son manque flagrant d’hygiène. Avant de plonger dans cette suite, un petit rappel s’impose. Kingdom Come Deliverance nous mettait dans la peau d’Henry, fils d’un forgeron dont la vie basculait brutalement après le saccage de son village par une armée mercenaire. De simple homme du peuple, il devait survivre, apprendre à manier les armes et tenter de venger sa famille dans une Bohême en plein chaos.
Henry, désormais au service de Hans Capon, noble aussi arrogant qu’attachant, se retrouve plongé dans un conflit plus vaste et dangereux que jamais. Leur relation, initiée par une rivalité teintée d’humour, s’est transformée en une amitié sincère, et Henry, bien que toujours un roturier, gagne en importance dans le monde des puissants. Progressivement, il franchit les portes de la noblesse, s’attirant autant de respect, que d’ennemis. Mais le chaos de la Bohême ne s’est pas calmé, et le jeune forgeron devra encore une fois prouver sa valeur.

L’histoire reprend exactement deux jours après la fin du premier opus, selon les développeurs. Henry et Hans Capon se mettent en route vers leur prochaine destination, cherchant du renfort pour faire face à Sigismond de Luxembourg, l’ennemi redoutable qui menace toujours le royaume. Mais au-delà des intrigues politiques et des batailles à venir, Henry poursuit toujours un objectif plus personnel : récupérer l’épée de son père, volée lors du massacre de Skalitz. Ce fil rouge, qui l’avait déjà poussé à sortir de son statut de simple forgeron, reste une quête essentielle de cette suite.
Ce voyage, qui semble au départ une simple mission de routine, va rapidement les plonger dans des événements bien plus grands qu’eux. Une transition fluide qui permet aux joueurs de retrouver immédiatement leurs repères, tout en découvrant de nouvelles intrigues. Vous voilà désormer aux portes de Kuttenberg.
En poursuivant leur périple, Henry et Hans se retrouvent bientôt immergés dans l’effervescence d’une nouvelle région, où les habitants, les paysages et les activités donnent vie à un monde plus vaste et plus dynamique que jamais.
Un open-world médiéval plus vivant que jamaiset vivant
Warhorse Studios a mis les bouchées doubles avec deux nouvelles régions : Trosky et Kuttenberg. Cette dernière, classée UNESCO, grouille de vie et d’activités. Les PNJ ne sont plus de simples figurants, ils réagissent à nos actions et interagissent entre eux avec un naturel bluffant. On sent réellement le poids du monde et de la réputation : voler ou tuer au mauvais endroit peut vite transformer Henry en ennemi public numéro un.

Les villes sont bien plus vivantes : Kuttenberg, avec ses marchés bruyants, ses forgerons affairés et ses tavernes bondées, donne l’impression d’une ville médiévale en pleine effervescence. Dans les campagnes, les paysans travaillent leurs champs, les chasseurs traquent le gibier et les soldats patrouillent sur les routes.
Les activités annexes sont toujours aussi nombreuses et mieux intégrées : jeux de dés, tournois de chevaliers, quêtes secondaires à choix impactants, chasse et pêche plus réalistes, et même des bagarres improvisées dans les tavernes où une insulte mal placée peut se terminer en duel à poings nus.
D’ailleurs, dans mon propre périple, j’ai voulu tester les possibilités offertes par l’immersion… et disons que ça ne s’est pas déroulé comme prévu. Alors que je voulais subtiliser un vêtement en toute discrétion, je me suis offert un passage aux bains publics. L’expérience a pris une tournure inattendue quand une employée m’a proposé un service un peu plus… approfondi. Histoire de coller au réalisme du jeu, j’ai accepté. Sauf que, tout occupé à mon plan, j’ai raté mon coup et me suis fait pincer la main dans le sac… Résultat ? Une bourse plus légère et un Henry bien propre, mais surtout fauché comme les blés. Moralité : dans Kingdom Come Deliverance 2, même l’hygiène peut coûter cher !

La nature n’est pas qu’un simple décor : les forêts sont denses, abritant des loups, des cerfs et autres créatures qu’on peut chasser ou qui peuvent nous attaquer. La météo dynamique et le cycle jour/nuit influencent la visibilité et le comportement des PNJ. Se promener de nuit sans torche peut s’avérer dangereux, tant pour éviter les brigands que pour ne pas finir le nez dans un fossé. D’ailleurs, même en ville, les gardes ne plaisantent pas avec la sécurité : si vous vous baladez dans l’obscurité sans torche, attendez-vous à être rappelé à l’ordre… voire à payer une amende si vous jouez les têtes brûlées.
Enfin, les conséquences de nos actes sont encore plus marquées : voler chez un marchand peut le pousser à fermer boutique, une dette impayée peut attirer les gros bras d’un créancier peu scrupuleux, et une mauvaise réputation dans un village peut nous empêcher d’accéder à certains services… voire de se faire attaquer à vue.
Côté technique, le Cry Engine fait des merveilles avec des paysages à couper le souffle. Cependant, quelques couacs sont à noter : clipping, petits ralentissements et expressions faciales figées viennent ternir un peu l’expérience, mais rien qui ne gâche totalement l’aventure.
Si la technique impressionne par sa beauté, c’est dans l’approche réaliste du gameplay qu’elle révèle toute sa profondeur, offrant une expérience immersive où chaque détail compte pour la survie de Henry.
Un réalisme toujours aussi tranchant réaliste et exigeant
Ici, pas de barre de vie qui remonte toute seule ou de super pouvoirs (même si un vous pourrez voyager entre les villes rapidement). Il faut manger, dormir, se laver et réparer son équipement sous peine de voir Henry dépérir. Une approche réaliste qui pourra rebuter certains, mais qui renforce une immersion unique.

Les combats restent exigeants, mais gagnent en fluidité. L’ajout des arbalètes et des armes à poudre apporte une nouvelle dimension stratégique. Chaque affrontement est une danse mortelle où une erreur peut être fatale. En clair, ce n’est pas Dark Souls, mais presque.
Warhorse Studios a également mis un soin tout particulier à la fidélité historique. Les monuments sont reproduits avec une précision impressionnante, et chaque ville, village ou château possède son propre charme architectural, respectant les sources historiques. Se promener dans Kuttenberg, c’est découvrir une ville médiévale vibrante, avec ses cathédrales gothiques, ses ruelles pavées et son imposante forteresse, offrant un voyage saisissant dans le passé.
Mais au-delà de cette fidélité historique, Kingdom Come Deliverance 2 s’efforce également d’offrir une expérience de jeu plus accessible, tout en préservant les défis qui font sa réputation.
Une progression plus fluide et accessible
L’un des points qui avaient divisé les joueurs dans le premier opus était son exigence. Kingdom Come Deliverance 2 reste fidèle à son ADN : Henry n’est pas un héros surhumain et doit apprendre avant d’exceller. La bonne nouvelle, c’est que la progression a été mieux équilibrée et cela se ressent.
Les compétences montent toujours avec la pratique, mais certaines mécaniques autrefois frustrantes, comme l’alchimie ou l’entraînement aux armes, sont plus intuitives. On ressent toujours la satisfaction de progresser, mais sans avoir l’impression de se battre contre le jeu.

D’ailleurs, même en dehors des combats, certaines mécaniques demandent du doigté. Le crochetage, par exemple, m’a donné du fil à retordre sur PS5. Les premières serrures étaient un véritable cauchemar, mais comme beaucoup d’aspects du jeu, c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Mieux vaut donc prendre le temps de monter son expérience, sous peine de galérer inutilement sur des serrures récalcitrantes.
De plus, Henry commence cette fois avec une expérience déjà solide : il n’est plus le gamin maladroit du premier opus, et cela se ressent. Il manie mieux les armes, négocie plus habilement, et sa réputation lui ouvre plus de portes. Mais attention, certaines factions n’ont pas oublié ses actions passée.
En bref, l’expérience est toujours aussi exigeante, mais mieux rythmée. Mieux vaut tout de même investir un peu de temps dans l’entraînement : un duel contre un chevalier en armure peut vite tourner au désastre si on n’est pas préparé.
Tout comme la progression, la narration s’est également enrichie, avec des éléments cinématographiques qui rendent l’histoire encore plus captivante et immersive.
Une narration plus cinématographique
La mise en scène a gagné en intensité, avec des dialogues plus naturels et des cinématiques dignes d’une grande production. Les personnages sont plus expressifs, les interactions plus nuancées et les choix du joueur influencent toujours autant l’histoire.

Certains choix, même anodins en apparence, peuvent avoir des conséquences surprenantes. Dans mon cas, j’ai voulu jouer les justiciers en défendant un pauvre paysan qui se faisait dépouiller… sauf que je n’avais pas bien compris la situation. Il s’est avéré que les gardes faisaient simplement leur travail, et en m’interposant, je me suis retrouvé en infraction. Après cette mésaventure, j’ai décidé de ne plus trop me mêler des affaires des autres… du moins, pas sans être sûr de ce qui se passe ! J’aime ces happening.
Le script de Kingdom Come Deliverance 2 est d’une ampleur colossale, avec plus de 2 200 000 mots, soit environ 11 000 pages de scénario. À titre de comparaison, cela équivaut à 19 livres Harry Potter voir à quasiment 3 Bibles. Un travail titanesque qui explique en partie pourquoi la version française a souffert de certaines approximations dans son doublage et sa traduction.
Warhorse Studios, conscient des critiques, a assuré qu’une mise à jour des dialogues VF était en préparation. Avec un volume de texte aussi massif, l’adaptation complète prendra un certain temps, mais les développeurs travaillent activement pour améliorer l’expérience des joueurs francophones.
Conclusion & Verdict
Kingdom Come Deliverance 2 ne révolutionne pas la formule, mais l’améliore sur presque tous les points. Plus vaste, plus immersif, plus fluide, il corrige de nombreuses frustrations du premier jeu tout en conservant son exigence et son réalisme.
En plus de son monde plus dynamique, il apporte aussi une plus grande diversité dans les quêtes annexes, où chaque mission raconte une histoire unique et crédible. L’évolution d’Henry est plus marquée, non seulement en termes de compétences, mais aussi de statut social : ses choix influencent directement la perception qu’ont les PNJ de lui, rendant les interactions plus riches et nuancées.
L’amélioration du système d’animations et de combats apporte une meilleure sensation d’impact, même si certains joueurs pourront encore être rebutés par la technicité des affrontements. Par ailleurs, l’ajout d’éléments de survie plus poussés, comme la nécessité de se nourrir intelligemment et de prendre soin de son équipement, renforce l’immersion sans être trop punitif.
Là où le jeu marque aussi des points, c’est dans son respect du contexte historique. Les monuments, les coutumes, la politique et les tensions de l’époque sont retranscrits avec une précision impressionnante, faisant de Kingdom Come Deliverance 2 une véritable plongée dans la Bohême médiévale.
En revanche, tout n’est pas parfait : les expressions faciales restent parfois rigides, et quelques bugs ou problèmes d’IA viennent ternir l’expérience. Toutefois, Warhorse Studios semble à l’écoute de la communauté et continue d’affiner son jeu, avec des mises à jour déjà en préparation pour corriger les défauts techniques et améliorer le doublage français.
En somme, Kingdom Come Deliverance 2 est une réussite pour les amateurs d’Histoire et de RPG immersifs. Un jeu exigeant, certes, mais qui récompense chaque effort par une immersion rare et une satisfaction immense, une fois ses mécaniques apprivoisées.

Fiche PlayStation Store : https://www.playstation.com/fr-fr/games/kingdom-come-deliverance-ii/
EN BREF
👍 Points forts :
✔️ Un monde encore plus vivant et crédible
✔️ Une narration plus immersive et interactive
✔️ Une progression mieux équilibrée
✔️ Une fidélité historique toujours aussi impressionnante
👎 Points faibles :
❌ Quelques soucis techniques (FPS, IA, doublage)
❌ Toujours une prise en main difficile pour les nouveaux joueurs
❌ Certaines animations faciales rigides
Alors, faut-il y jouer ?
Si vous avez aimé le premier opus, cette suite est une évidence : plus aboutie, plus immersive, plus intense. En revanche, si vous aviez été rebuté par la difficulté et la rigidité du gameplay, sachez que le jeu s’est adouci… mais reste exigeant.
Kingdom Come Deliverance 2 n’est pas une simple suite, c’est une invitation à replonger dans un Moyen Âge plus réaliste et vivant que jamais. Et ça, ça ne se refuse pas.
Et vous, avez-vous hâte de plonger dans ce RPG médiéval réaliste ? Partagez votre avis en commentaire !
Neoseth.
Un GRAND merci à Plaion pour leur soutien et confiance qui nous ont fourni une copie sur PS5 afin de réaliser ce test.
Retrouvez le site : https://kingdomcomerpg.com/
Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Kingdom_Come:_Deliverance_II