
S’il y a bien une licence n’ayant pas encore rencontré le succès chez nous, il s’agit bien de Sakura Wars. Ancrée depuis plusieurs génération de consoles au pays du soleil levant nous n’avons malheureusement eu qu’une seule sortie sur les 19 présentes à ce jour. Plutôt que de commencer un jeu au background déjà chargé, c’est bel et bien un reboot que nous propose ce Sakura Wars permettant ainsi de remettre les conteurs à zéro. Au programme de ce nouveau titre, manga, jolies filles et mécha sont au rendez vous mais est ce suffisant pour faire de ce reboot un must have sur notre chère Playstation 4 tant la concurrence en matière de JRPG est dense ces derniers temps ?

Tout commence dans une époque pas forcément très appréciée du grand publique puisqu’elle se situe entre la période Taichô et Shôwa mais en laissant de coté tout risque de controverse puisque l’histoire traitée se voudra sur-réaliste et très loin de tout risque. Vous êtes donc dans une ère où les démons appelés ici Koma ont envahis la terre entière et notre histoire prendra place au Japon où comme dans le reste du monde la solution afin de combattre ces entités semble avoir été établie avec la création de méchas lourdement armés. Évidemment il n’est possible de contrôler ces mécha qu’en disposant d’une certaine énergie spirituelle ce qui réduit grandement le choix de ses élus et c’est là qu’intervient la division des fleurs.

Vous commencez l’aventure dans la peau de Kamiyama, officier de la marine nouvellement réaffecté qui se voit attaqué dans la gare où il venait d’arriver par un démon. N’écoutant que votre cœur vous décidez de porter secours aux personnes présentes en vous interposant à l’aide de vos deux katanas mais serez rapidement mis en échec. Pensant que votre dernière heure était arrivée vous êtes sauvé in-extrémis par « la troupe de Shanghai » et son mécha vert donnant le coup de grâce au démon venu interférer dans la vie paisible des badauds. Une fois le calme revenu vous débarquez fraichement au théâtre où vous avez été affecté avec deux directives principales qui sont diriger la division des fleurs et remettre le théâtre sur de bon rails alors que celui ci n’est plus que l’ombre de lui même. Le moins que l’on puisse dire c’est que le travail accompli sur les différents environnements nous bercent instantanément dans les années 40 dont l’ensemble est enrobé d’un coté steampunk très plaisant aux inspirations très marquées, comme l’horloge Big Ben revisitée vue au départ du jeu et donnant au titre son identité propre. La musicalité légère faite de piano et ses cuivres collent parfaitement à l’écran et remplissent nos oreilles d’une acoustique surprenante ; le thème principal se voudra d’ailleurs entêtant. Que l’on soit nouveau ou aficionados de la saga, il y en a pour tous les gouts ; les protagonistes pourront même rappeler à leurs bons souvenirs les puristes de la saga.
Sur le principe le scénario s’axe principalement sur différents épisodes et est en cela une vraie réussite tant la progression se fait en fonction des arcs scénaristiques sans jamais perdre de vue le fil de l’histoire. L’ajout des cinématiques est en cela le point fort du titre puisqu’il vous amène constamment à avancer dans l’histoire donnant une réelle impression de continuité. Chaque épisode est d’ailleurs ponctué d’un générique qui raviront tous les fans d’animés tout en apportant une réelle structure à l’ensemble. Nous avons au départ été assez surpris de ce choix mais il s’avère convaincant.

Les amoureux de la licence vous le diront certainement, Sakura Wars c’est normalement du tactical RPG à l’ancienne associé à un jeu de drague typiquement japonais. Reboot oblige la production a tout bonnement décidée de changer de cap pour ce qui est de cette arrivée chez nous de la licence et en choisissant l’action RPG comme base. Très en vogue en ce moment ce parti prit est résolument décidé à vous faire profiter de ses batailles en ajoutant à l’immersion un sentiment de maitrise qui pouvait peut être faire défaut par le passé. C’est donc en contrôlant votre mécha que vous affrontez les ennemis ne servant ici que de tas de ferrailles à défaire sans aucune difficulté. Le premier constat est la fluidité de l’ensemble, le mécha se déplace avec une agilité folle, on saute on se propulse et chaque mouvement est autant de cris du protagoniste le pilotant ce qui pourra d’ailleurs porter à sourire. Il est d’ailleurs assez regrettable que ces phases d’actions ne soient pas plus nombreuses et qu’elles manquent également de difficulté tant le gameplay en lui même résidera dans un mitraillage de boutons trop basique pour l’amateur de challenge. Pourtant certaines idées portées restent intéressantes, en effet il est possible d’envoyer des attaques spéciales en ayant rempli sa barre de combo et ainsi d’envoyer à votre ennemi une surenchère de dégâts avec énormément de style puisqu’elle sera précédé d’une petite animation. L’autre très bonne idée est l’attaque duo mettant en scène les deux protagonistes utilisés avec une cinématique mêlant le rapport des deux. Le mélange d’action « beat them all » et le coté mélodramatique des cinématiques vous tiendra pourtant accroché à votre console tant les codes utilisés par les thèmes semblent judicieux et très bien amenés. On retrouve donc plusieurs grandes lignes directrices comme la persévérance, le dont de soi ou l’abnégation qui sont très courant dans le domaine du manga tout en savant ajouter plusieurs scènes qui porteront à sourire tant la légèreté pourra provoquer quelques sourires.
Nous vous en parlions plus haut, le coté jeu de drague bien présent dans les opus précédent est également au plat des réjouissances. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le jeu sera en grande partie un jeu faisant la part belle aux interactions avec les différents protagonistes et vous passerez le plus clair de votre temps à augmenter vos relations, ou à les impacter puisque chaque réponse donnée aura une finalité positive ou négative. Le but de la manœuvre étant de vous donner l’accès à des scènes de rendez vous en tête à tête mais ne seront au final pas si importante pour la suite de l’histoire ce qui est en soi regrettable. On se retrouve avec une composante ajoutée sans grande valeur narrative qui nous laisse un arrière gout d’inachevé.
Dans son ensemble le jeu aurait pu s’en tirer avec les honneurs, que se soit le chara design mis en place par le créateur du manga Bleach ( Tite Kubo ) ou la partie sonore du compositeur Kohei Tanaka ayant opéré sur One piece pour ne citer que lui, sont autant de réussite en soi. Les expressions des personnages sont criantes de vérité, leurs personnalités leur sont propre, l’attachement est total avec un doublage digne d’un animé. Malheureusement le jeu souffle trop souvent le froid et le chaud dans sa finition sans pourtant nous maintenir accroché, ajoutez à cela une pénibilité au niveau des sauvegardes ne pouvant pas être faite au moment que l’on souhaite et vous obtenez un mélange maladroit.

Conclusion :
Sakura Wars tout en étant un bon jeu dans son ensemble ne parvient pas à nous laisser un souvenir impérissable. Avec un choix dans sa progression très intéressant, il manque pourtant de finition dans toutes les phases proposées avec une ouverture à la facilité déconcertante. On se retrouve plus à vivre une histoire interactive qu’à jouer à un jeu dont l’héritage n’a malheureusement pas été respecté. Seuls les amoureux de visual novel pourront trouver leur bonheur dans ce jeu aux promesses non tenues, dommage.
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