
S’il est une bande dessinée méconnue du grand public mais à l’univers vraiment fascinent il s’agit bien de Blacksad. Ambiance léchée baignant dans une atmosphère de gangsters, il n’en fallait pas plus à ses géniteurs, les très prolifiques Juan Díaz Canales et Juanjo Guardino pour s’essayer au nouvel outil qu’est le jeu vidéo afin de faire connaitre, par un nouveau support, leur oeuvre. Pensée comme étant une potentielle sixième aventure interactive, cette expérience s’avère t elle concluante ?
Blacksad est à l’origine une bande dessinée mettant en scène des personnages humanoïdes à tête d’animaux dont les caractères définissent la race utilisée. L’action se situe dans les années 50 où le polar et les teintes sombres subliment l’oeuvre et le goût prononcé des films en noir et blanc. Vous incarnez le héro de cette bande dessinée, un chat noir en imperméable, chemise, cravate rayée presque toujours impeccable, qui n’est autre que le détective privé John Blacksad. Comme toujours dans ce type de profession vous serez très vite sollicité pour une nouvelle enquête peu banale. Le propriétaire d’une salle de boxe est retrouvé pendu et son petit protégé et future gloire de l’établissement disparaît mystérieusement. hasard, coïncidence, ou aveux ?
Le jeu se découpera en plusieurs phases bien distinctes ; les phases d’exploration et que pendulo studio, connu pour avoir notamment œuvré sur runaway, connait bien. Vous dirigez notre détective et le moins que l’on puisse dire c’est que le félin manque de souplesse ; nous sommes loin d’avoir un personnage agréable à contrôler manette en main aussi sa rigidité pourra vous surprendre au premier abord mais une fois habitué, et même si cette phase du jeu n’est pas forcement des plus marquantes, elle restera néanmoins nécessaire au bon déroulement de l’enquête puisqu’il en découlera la découverte de nombreux objectifs faisant progresser votre enquête.
La deuxième phase est la phase narrative et c’est ici un énorme coup de cœur pour nous puisque le jeu vous propose un système avec des choix multiples qu’il vous faudra utiliser ou non dans un temps imparti et cerise sur le gâteau chaque choix aura une répercution. Les voix sont à ce titres vraiment bien calées, juste dans le ton et nous ne saurions que féliciter le doublage français qui relaye au second plan la version américaine également disponible tant la qualité de la voix de Jérémie Covillault colle parfaitement au personnage de John Blacksad ; ce doubleur n’est autre que la voix française de Tom Hardy mais aussi de Benedict Cumberbatch ( Docteur Strange ) ou encore d’Hugh Jackman ( Logan ).
Enfin la troisième phase et certainement la plus mémorable qui est la phase d’enquête où vous échangerez votre vue à la troisième personne pour une vue à la première personne. L’environnement s’en trouvera changer et vous aurez alors l’occasion d’utiliser vos sens afin de vous permettre d’inspecter les zones désirées pour dévoiler de nouveaux indices pour votre enquête. L’idée aura le mérite d’innover un petit peu même si on aura déjà pu voir ce type de mécanique dans d’autre production.

Graphiquement l’ensemble reste très cohérent tout en étant une ode à l’oeuvre originale et à l’époque. Rien n’a été laissé au hasard et la musicalité vous transcendera tant les thèmes choisis l’ont été à la perfection. Ne nous y trompons pas, nous tenons ici l’une des meilleures bande son de jeu vidéo de l’année 2019 et même le non initié au jazz y trouvera son compte tant cela colle parfaitement à son époque. Chaque protagoniste à été travaillé et aura tantôt son rôle intimidant tantôt celui pour qui l’on aura de la compassion.

Conclusion :
Blacksad, Under the skin est un petit bijou pour qui est fan de la bande dessinée et comblera sans aucun doute les aficionados guettant de prêt où de loin la sortie du sixième volet tant attendu sur support papier. Pour les autres, Blacksad, Under the skin fait un sans faute pour peu que le genre New York à l’ambiance si charismatique des années cinquante vous plaise. L’histoire est chronophage d’un bout à l’autre malgré la lourdeur du personnages et des quelques bugs rencontrés ici et là, les indices clé sont un bonheur de mécanique et John Blacksad ne vous laissera pas de marbre tout au long de l’aventure tant on finit par se laisser porter par ce personnage si complet. Rare sont les adaptations de bande dessinées réussies et le moins que l’on puisse dire c’est que cet essai qui n’est en aucun cas une adaptation mais une nouvelle histoire est pour le moins transformé! Un exemple à suivre et à essayer de toute urgence.
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